Lettre 8

02/06/12

 
    Grand Inconnu,
 

    C’est en écrivant la date que j’ai réalisé... Nous sommes en juin ! Les examens approchent certes... Mais surtout l’été ! L’été ! Je vous assure que s’il y avait un moyen de retranscrire toute mon hystérie du moment par écrit, je l’aurais déjà fait. L’été, la chaleur, les vacances, la liberté ! Je l’attends depuis tellement... A cette période de l’année, j’ai toujours l’impression de renaître. De n’avoir en fait jamais vécu mais qu’enfin, je vais pouvoir profiter ! Profiter du temps qui passe et derrière lequel je ne cours plus. Je marche à ses côtés désormais. Enfin, avant tout cela... Examens.

   

    Personnellement, je pense qu’on n’accorde pas de majuscule à la haine parce que effectivement, on en a peur. Mais au-delà de ça c’est surtout qu’on veut lui ôter toute noblesse. Parce que si l’on met une majuscule, c’est bien pour rendre au mot qui en est honoré toute sa majesté, sa grandeur ! Or, comment orner la haine de tels desseins ? De nos jours, la haine est méprisée, dédaignée ; on crache dessus. Bref, haïr, c’est pas bien du tout. Tout le monde a ce schéma en tête. Alors que, avouons-le, c’est humain. On ne peut pas aimer tout le monde, n’est-ce pas ? Donc pourquoi ? Pourquoi préférer l’hypocrisie ?! Le monde serait tellement plus simple si les gens qui ne se haïssaient ne se parlaient tout simplement pas. C’est naïf comme vision, je le sais. Mais je crois aux solutions simples face à des problèmes que beaucoup rendent complexes. Je suis comme vous : j’utopise. Et ce néologisme me plaît bien. Idéaliser n’est pas assez fort. Ainsi, vous voilà pardonné.

 

    Et une fois de plus, je vous envie d’avoir de tels spectacle sous les yeux ! Je vous remercie néanmoins de me les faire partager. J’aime les couleurs que vos quelques lignes laissent dans mes imaginaire. Ainsi que la mélodie... Vous savez, ce sont des histoires comme celles que vous me décrivez que je voudrais voir dans les romans d'amour ou même au cinéma ! Au lieu de toutes ces niaiseries dont la fin était prévisible depuis le début... Une romance telle que celle que nous avons sous le nez, c’est unique ! Mais peu de gens savent les voir. Peu de gens ont le temps de les observer. Combien de temps avez-vous passé devant votre fenêtre, à désespérer qu’il ne se passe jamais le moindre évènement ? Et depuis ? Combien de temps passé vous par jour à les attendre puis les regarder puis à espérer que le livreur fasse demi-tour pour revenir devant la boutique ? Depuis combien de temps ce manège là dure t-il ?

 

    Peut-être que cette Esther se marie effectivement avec un “jeune homme très bien”. Je veux dire... Peut-être que ce n’est rien de plus. Peut-être qu’il n’existe que pour faire carrière, se marier, subvenir aux besoins de sa femme et voilà tout. Quel drôle de rôle tout de même... Quant à sa mère, vous suscitez ma curiosité et vous en êtes bien trop conscient ! Comment m’empêcher de vous questionner à ce sujet désormais ? Je vais m’y obliger, écourtant par la même occasion cette lettre.

 

    Oh mais je viens tout juste de réaliser que demain sera la fête des mères. Et je n’ai rien à offrir à la mienne... Tous les ans, c’est la même chose. Alors que je voudrais juste lui dire Merci. Mais cela ne lui plairait pas... Elle serait déçue. Il faut que je lui trouve un cadeau. Et je n’ai pas la moindre idée. Puis il est trop tard pour vous demander de l’aide. Trop tard pour errer dans les magasins. Trop tard... Je vais sortir un peu en cette belle soirée. Histoire d’y cueillir au moins quelques vers...

 

    Je m’excuse de ma lettre si courte comparé à la vôtre. Je manque de temps à ce jour. Ainsi que de réelles envies d’épiloguer. J’ai juste envie de faire du vélo. Ca fait tellement longtemps...

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