Lettre 10

31/07/12

 

    Grand Inconnu,

 

    Trop tard pour les excuses... Je vous ai déjà pardonné ! Vous n’aviez pas même à vous justifier. Après tout, je ne suis qu’une inconnue. Et peut-on devoir des excuses quant à son silence à une inconnue ? Non ! C’est absurde ! Vous imaginez sinon dans la rue ? “Oh escusez-moi, je ne vous ai rien dit ! Bonjour Madame. Je me présente...” Oh ce serait drôle tout de même... Enfin. Grâce à cela, je comprends mieux au moins. Et je vous envoie plein d’ondes positives pour que tout ce tourbillon autour de vous cesse !

 

    Je vous réponds un peu tard également et j’en suis navrée. Surtout si vous avez pu penser que je vous en voulais ! Ce n’est vraiment pas là la raison de mon absence de réponse. En fait... Ma situation est comparable à la votre. Enfin... Dans le sens opposé. Vous êtes embarqué dans un mariage, je suis en plein dans un divorce. Et ce qui est amusant c’est de voir que vous, vous en souffrez tandis que moi je me sens enfin libérée ! Le mariage, serait-il un poids ? Plutôt bizarre... Après tout, est-il nécessaire de poser un contrat sur un amour ? Surtout si l’on peut maintenant l’annuler... Et l’amour peut-il être à vie ? Honnêtement ? J’avoue que je n’ai aucune réponse à ces questions... Votre avis me serait utile !

   

    J’en ai beaucoup appris sur Esther, et sur vous. Mais plus j’en apprends et plus la curiosité me pousse à vous en demander davantage ! Vous vous dévoilez tellement...Y a une ou deux lettres, vous ne vouliez développer et là... Deux pages pour vous expliquer. Qu’est ce qui a changé entre temps ? Je me le demande. Sommes-nous toujours des inconnus ? On ne peut pas dire que oui, puisque l’on commence à se connaître mais en même temps, on ne connaît pas même le nom de l’autre. C’est quoi se connaître finalement ? Il y a pas longtemps j’y ai réfléchi et me suis dit qu’on pouvait se rendre compte à quel point on connaît quelqu’un uniquement en s’attachant aux détails. On connaît vraiment bien quelqu’un quand on sait le nom de jeune fille de sa mère par exemple ! C’est con, je sais bien. En adoptant ce critère, combien de personnes connaissez vous vraiment bien ? Peu, n’est-ce pas ...?

 

    Oui, vous voyez, je m’amuse ces derniers temps. J’ai bien du temps pour me poser toutes ces questions... Non, je n’ai rien d’autres à faire. Je regarde le ciel bleu, les nuages ou les étoiles. C’est selon. J’ai une préférence pour les étoiles... Alors quand je lis que vous les admirez tout autant ! Cependant, je suis loin de m’ennuyer. En vérité, je suis débordée. Mais... Ma tête s’est vidé si brutalement. Le divorce ? Ou les vacances ? Je ne sais pas franchement. Ceci dit, bien que j’ai mille et une choses à faire, je n’en fais rien. Je crois que j’ai trop fait durant l’année. Surtout en fin d’année... Les épreuves, ça prend vraiment la tête. Mais on dirait que votre trèfle a été efficace ! Je l’avais en poche le jour J et résultat... Je m’en tire haut la main ! Merci pour votre soutien. Votre petit trèfle s’est malheureusement vite fâné, assombri. On m’a ordonné de le jeter ! J’ai pas voulu... Et puis un soir que je rentrais... Je ne l’ai pas retrouvé. Je suis désolée...

 

    Avant de vous laisser, j’aimerais juste revenir sur votre parenthèse. Comme quoi les questions sont inutiles dans une lettre. Je m’étais déjà faite la réflexion et... Comme je vous approuve ! Je trouve ce genre d’attitude tellement risible... Demander l’accord de l’autre pour continuer, développer, détailler... Peu importe. Ca m’a toujours fait rire. Mais plus encore l’éternel préambule de carte postale “Salut ! Ca va ? Moi très bien, je suis... Blablabla” Que c’est narcissique ! De toutes façons, les lettres, c’est bourré de Je... C’est plus qu’étrange comme écrit au final. Enfin...

 

    Je m’excuse à nouveau pour ce long silence et pour cette missive bien courte pour tant d’attente mais... Je vois plus souvent la porte de cabinet d’avocat que le ciel ces temps-ci... Un peu triste. Néanmoins, j’aimerais vous faire parvenir un petit quelque chose qui j’espère vous fera au moins sourire. Vous trouverez dans l’enveloppe soigneusement écrit à la plume votre diplôme ! Signé de ma main, naturellement. C’est futile sans doute... Surtout que je n’avais pas votre nom à y apposer mais... Il n’y a pas cinquante Grand Inconnu donc voilà, il est à vous.

Félicitations.

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