The Punkedelike Circus - Animal

Publié le 15 Février 2012

Puisque le spectacle doit continuer.

 

Sur scène, une enfant avait pris place dans l’ombre. N’était-ce pas une erreur ? Que faisait-elle là … ?

 

La lumière reprenait petit à petit ses droits sur la piste, envahissant péniblement la salle. C’est alors que les spectateurs puissent à leur gré découvrir le nouveau décor. Au centre, une grosse lune en carton pendait. Une toile de fond sombre contrastait derrière elle. Et enfin, la touche finale : d’une blancheur aussi vierge que pure, étaient éparpillées des bandes d’un papier particulièrement léger. Défiant les lois de l’apesanteur, ces rubans presque surnaturels voletaient ainsi autour de cette gamine. Celle-ci était repliée sur elle-même, à terre. Recroquevillée au possible. Tenant tant bien que mal sur ses pieds. En un imperceptible balancement…

 

Soudain, elle perd l’équilibre, se renverse, tombe. Les rires fusent. Maladroitement, elle tente de se redresser. Chercher une issue, à tâtons. La tête toujours baissée. Les rires s’amplifient. L’audience l’a surpris. Elle se tient désormais debout devant eux. Ils ont surpris son corps, le dévisage, l’inspecte, le juge. Tremblante… Elle n’a pas de voix, n’a pas de couleur, n’a pas de nom. Et elle est nue. Devant ses juges.

 

Un des leurs se lève alors, descend sereinement les marches, parvient enfin à son niveau. Lui empoignant la mâchoire, il la force à relever la tête. Elle ouvre enfin les yeux. Horreur. Ils semblent vides, sans pupille. Simples trous béants où la lumière s’égare. Qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que cela peut être…? …Maman ? J’ai peur.

 

Il le lâche vivement, s’en écarte. Comme d’un animal crevé. Il l’examine maintenant d’un regard inquisiteur. Sous toutes ses coutures. Sous chacune de ses coutures… Tout le monde observe, le regard fixe. Avide. Quant à ça… Ses yeux ne peuvent rien voir, n’est-ce pas ? …Est-ce que ça sait au moins où l’on se trouve ? Est-ce que ça sait seulement que des millions de paires d’yeux l’épient ? Est-ce que ça a une conscience ? Une âme ? Est-ce humain ? Est-ce… Vivant ?

 

L’autre se rapproche. Prudemment, craignant sans doute d’être mordu en retour. Aucune réaction. Il lève la main, parcourt son corps du bout des doigts. Lentement. Ca ne réagit pas. Il le touche alors plus hâtivement. Et ça ne réagit pas davantage. La cadence s’intensifie. Il le caresse. Sans plus aucune pudeur. Mais l’animal en cage ne réagit toujours pas aux coups de son maître…

 

La créature est alors renversée, bousculée. Le juge se fait violence. Ses ongles effleurent, ses mains s’agrippent. Empoignée, tordue. Petite poupée ne se sent plus. Manipulée en tous sens. Elle cède. Sa peau se déchire et coule, sur sa peau pâle, un sang écarlate. Sa chair suit, s’exposant aux yeux de tous. Il récupère le fluide encore chaud de sa langue. Doucement. Se délectant de ses efforts.

 

Ce n’est que quand le cœur de sa marionnette fut complètement asséché qu’il la relâcha. Elle tomba lourdement au sol, parmi les lambeaux de papier teintés désormais de pourpre. Il quitta la piste. Sans un mot. Les spectateurs applaudirent la prestation. Puis les conversations se relancèrent, sortant d’une torpeur générale.

 

Au milieu de la piste, un corps cherchait en vain à remplir ses poumons. Oxygène en impasse. Le froid l’envahit. Tout ce qu’elle avait pu être la quittait imperceptiblement. Personne ne le remarqua mais, d’entre ce tas de chair, deux iris brûlants appelaient désespérément à l’aide.

 

*

 

Entrez dans le monde terrifiant de Dead By Sunrise.

Rédigé par Rime

Publié dans #La boutique à souvenirs

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