Relents amers

Publié le 23 Juin 2012

Les souvenirs éternellement me restent
Sur l’estomac comme sur le cœur
Et vieillissent, pourrissent, empestent
Ces faux pas, ces ratés : mes erreurs 


Pensées en boucle pendant des heures
Tandis que le sommeil me distord
Je veux m’enfuir, mais ma Terreur
M’emporte encore, encore et encore

Devant ces images que j’abhorre
De ces écœurantes paroles me lacèrent
« Que se souvienne à jamais ton corps
Pour tout ce qu’il a bien pu faire ! »

Je retourne à ce mirifique Enfer
Sueur et peur sous les couvertures
La honte ferme mes paupières
Et trace jusqu’à mes os ses gravures

 

Condamnée sur le bûcher de sa luxure
Glisse sur ma langue visqueuse, collante
Le goût pourri d’un fruit trop mûr
Je hurle sous l’ultime déferlante

Toutes ces sensations me hantent
Jusqu’à ce que s’effiloche ma raison
Mais pour une fois, au moins, je tente
De trouver réponse à mes questions

Soudain je saisis l’absence de passion
Mes essais sont alors tous vains, futiles
Amoureuse de ma propre destruction
Je n’ai été qu’une gamine bien docile

Ma naïveté vacille, esprit trop fragile
Je voudrais pouvoir vomir à cœur ouvert
Et qu’accompagne volontiers ma bile
La mémoire de ce brûlant hiver

Tombée trop bas, dans la poussière
Je vous en prie, notez bien l’heure
Puis inscrivez directement sur ma chair
« Décomposition sans plus aucune pudeur. »

Rédigé par Rime

Publié dans #Nos pires cauchemars

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