No Future ~

Publié le 8 Avril 2011

Code barre tatoué le long de la jambe. La marque est encore rouge.  La tête qui vacille et les idées qui s’échappent. Mélo incessant d’informations imposées par intraveineuses. La vague emporte tout. Souvenirs, il n’y a plus. Que reste-il alors ? Des réponses. Plein de réponses. Mais les questions, on les a étouffé il y a longtemps. Elles n’étaient pas disciplinées… Toujours à se bousculer entre elles, c’était dérangeant. Problème réglé. Au scalpel. Hémorragie de néant. Vertige saisissant. Peur du vide. Mais même la peur n’existe plus. Plus rien.

 

Marionnettes déambulants dans les rues, désarticulés. Sans but. Les regards se croisent et se décroisent. Cernes violacées, épaules courbés. Repli. Retrouver sa position fœtale. Reprendre au début, tout recommencer. Eternellement. Lente agonie. Les ongles n’ont même plus la force de crisser contre ce tableau. Lutte abandonnée. Pour un destin scellé.

 

Grimace déformée, reflet trouble. Est-il vivant ? Je ne sais pas, respire t-il encore ?  Grondement sourd dans la poitrine. Cœur automatique, oxygène pixellisée. La pompe essaye d’imiter quelques battements vitaux, humains. Faux. Contrefaçon. Âme falsifiée. Un peuple entier dupé. Un bâillon de soie entre les dents.

 

Douceur emmagasinée. Les petites pilules virent au rose sous la langue. Pupilles finalement dilatés. La conscience, elle, s’est sauvée. Et plus vite que ça. Les nerfs commencent à lâcher prise, le corps bientôt retrouve son inertie chérie. Petite poupée de chiffon inanimée. Ne t’en fais pas, les hommes en blouses vont s’occuper de toi…

 

Micro puce électronique sous-cutanée. Juste au creux de la nuque, coincée entre deux vertèbres cervicales. L’implantation est récente, la peau a bruni. Chair encore boursouflée. Tout ça, pour quoi ? Par peur. Peur de se dresser contre les autres. Peur d’être différent. Alors que dix-huit chiffres sculptés à même les os, ça, c’est de l’identité !

 

Il fut un temps. Un temps où les gens étaient libres. Où chacun faisait comme il le désirait. Où nous vaquions où bon nous semblait. Où nous n’étions pas traqués. Où nous n’avions pas de limites gravées à même le corps.

Rédigé par Rime

Publié dans #Indignez-vous

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