Blessed with a curse

Publié le 13 Novembre 2011

En mode pilote automatique. Ne pas chercher. Ne pas comprendre. Ne surtout pas savoir. Surtout pas. Ne pas non plus se retourner. Ne même pas ouvrir les yeux.


Marcher. Marcher. Encore marcher. Pour aller où ? On ne sait. Savoir serait trop douloureux sans doute. Il fait froid. Si froid... Et si on rentrait à la maison ? Pas question. Maman serait furieuse. Rappelle-toi la dernière fois. Souviens-toi en seulement. Et puis efface-le. De ta mémoire. De ta vie. Delete. Car les souvenirs aussi sont trop douloureux. Elle où notre maison, dis ? La prochaine fois que tu ouvres la bouche, je t'arrache la langue. ... Dis... T'as pas peur ?

Marcher. Marcher. Ne pas s'arrêter. Les gens râlent. Tu bouscules tout le monde ! Rien en tête. Rien dans la tête... Le cerveau délavé, détrempé, l'encre s'efface. C'est ta faute ! T'as sorti l'effaceur ! ... Tu n'avais qu'à pas faire de faux pas. Ta faute ! Ta faute ! La faute à qui ? On ne sait. Alors on fuit. A grands pas. Vers on ne sait où. A quoi bon savoir ? J'aurais bien aimé aller à la mer... Voir les crabes se dandiner sur la plage. Et les retrouver dans ton assiettes ? ... Tu m'agaces. Avec une petite sauce mayonnaise ! Tais-toi !

Marcher. Marcher. Pour se prendre le mur. Ca fait toujours un peu moins mal que la dernière fois. On finit par s'y habituer, n'est-ce pas ? Il commence à pleuvoir... Le froid, toujours le froid. Et tu n'as pas de parapluies, évidemment. Pourquoi prendre un parapluie ? Ce n'est pas désagréable la pluie... Il se fait tard. Il se fait nuit ? Non, ça ne se dit pas ça. Et alors ? Moi, je le dis bien. Mais toi... Quoi moi ?! Tu n'existes pas.

Alors, elle tourne. Encore et encore. Parce qu'on ne peut décemment s'arrêter maintenant. En plein manège. Ce ne serait pas correct. Et on éclate de rire. Pour expulser ces larmes. T'as l'air d'une folle... Mais je le suis. Sale gosse. Petit mouton noir. Le chaperon rouge aurait bien voulu le lapider. Les idées qui s'égarent. Pour revenir au point de départ. Aucune échappatoire. Ni portes, ni fenêtre. Pas d'issue. Les murs se resserrent... Le sol fond, le toit s'effondre. Putain, mais où on va ?!

Le corps se balance et... Par terre. A genoux. Tête dans les mains. On voudrait tellement une issue à tout ça... On ne fait que tomber. Chuter sans rien pour nous retenir. Du vide. Du vide. A t'en faire bouffer pour l'éternité. On aimerait bien hurler, ça on aimerait bien... Les cordes vocales se distordent.

Un éclair zèbre le ciel. C'était dans l'air du temps, dira t-on. A raison ou à tort. Presque instantanément, le bruit se propage. Tonnerre destructeur. Il devient alors évident qu'il faut se relever. Fuir. Au risque de finir par ramasser les morceaux...Mais on ramasse toujours les morceaux... Ceux qui se sont décollés, ceux qui se sont écaillés et tout ce qui ont éclaté. A la petite cuillère. Toute petite cuillère.

Ca part dans tous les sens. On ne comprend pas ce que tu racontes. ...Je fatigue. Moi aussi. Pourquoi on est à genoux sur les pavés. C'est froid. C'est dur. Ca fait mal. Et puis, on est trempés maintenant. Maman va pas être contente du tout. Maman ? Maman ? ... J'ai pas de maison.

Rédigé par Rime

Publié dans #Nos pires cauchemars

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